HORTENSIA.FR

Histoire

C'est à un autre naturaliste voyageur que l'on doit le nom d'hortensia. Après avoir accompagné Bougainville comme naturaliste, dans son voyage autour du monde, Philibert Commerson s'installe aux Mascareignes où il passe les quatre dernières années de sa vie à herboriser dans l'Île-de-France (Maurice), Madagascar et l'île Bourbon (La Réunion). Quand au printemps 1771, il découvre ce qu'on appelle aujourd'hui Hydrangea macrophylla, il lui attribue le nom de Peautia coelestina en hommage à Mme Lepaute, une amie astronome5 (Peautia renvoie à Lepaute et coelestina à l'astronomie). La planche botanique qu'il lui consacre sera toutefois corrigée de sa mainN 2 « Nous l'avons d'abord appelé Peautia Coelestina, mais il sera meilleur de dire Hortensia ». Le problème c'est que Mme Lepaute ne se prénomme pas officiellement Hortense. Toutefois, il semble que Nicole-Reine Lepaute se faisait appelée Hortense dans l'intimité. Il aurait changé le nom de genre quand il s'aperçut de l'existence d'un doublon, car il avait déjà utilisé ce nom pour une tout autre plante de Madagascar5,6. En 1789, il envoie un spécimen sec en France où Lamarck le décrit sous le nom de Hortensia opuloides (Lamarck, 1789). Cette plante qui n'est pas indigène aux Mascareignes, y a probablement été importée d'Extrême Orient par les navigateurs Hollandais (hypothèse de M. Cointat5).

A la même époque (1789 ou 1790) Sir Joseph Banks et Slater introduisent des hortensias vivants de Chine dans les jardins de Kew en Angleterre. Le rapprochement avec les Hydrangea de Linné est faitN 3 et la dénomination adoptée, Hydrangea hortensis Siebold (1792 mais publié en 1829), sera un compromis entre Linné et Commerson, comme l'atteste l'illustration de J.E. Smith ci-contre. Enfin, Seringe fusionne les genres Hydrangea L. et Hortensia Juss. (Podromus De Candolle, 1830) et crée le nom toujours en usage Hydrangea macrophylla (Thunb.) Ser. Ainsi le terme hortensia disparaît à la fois des noms de genres et d'espèces.

Le terme d' Hortensia introduit initialement dans la nomenclature scientifique n'a survécu finalement que dans la langue communeN 4. Il eut pourtant à affronter de nombreux rivaux : Lamarck (1789) parlait d'« hortense du Japon », Jussieu (1821) de « rose du Japon », Poiret (1821) d'« hortensia du Japon » et Mouillefert (1892) d'« hydrangelle des jardins »4, tous noms maintenant disparus.

Au début du xxe siècle, le genre Hygrangea L. était rattaché à la famille des Saxifragacées, sous-famille des Hydrangéoïdées (Engler 1928). Mais cette famille des Saxifragacées au sens large étant très hétérogène, il fut convenu de transformer la sous-famille des Hydrangéoïdées en famille des Hydrangeacées (Hutchinson, 1980).

Description

Les Hydrangea sont des plantes arbustives, de taille variable (de 0,5 m à plusieurs mètres) ou des plantes grimpantes s'accrochant à leurs supports par des racines adventives4,7.

Les feuilles sont opposées, parfois verticillées par trois, simples sans stipules, à marge entière (H. integrifolia), serrulée ou lobée (H. quercifolia).

Les inflorescences sont terminales, parfois axillaires, et sont constituées d'une cyme elles-mêmes composées de cymes groupées en corymbes ou en panicules (H. paniculata, H. quercifolia). Il existe deux types de fleurs : les grandes fleurs décoratives dites "stériles" et les petites fleurs fertiles.

- les fleurs "stériles", à la périphérie de l'inflorescence (pour les formes sauvages mais pas pour les formes cultivées) sont en général formées de 3, 4 ou 5 sépales pétaloïdes et de pétales entourant des étamines et un ovaire. Les sépales sont grands et décoratifs

- les fleurs fertiles sont situées à l'intérieur de l'inflorescence et sont en général très nombreuses. Elles comportent 5 petits sépales verdâtres et 5 petits pétales colorés ou non. Les étamines sont en au nombre de 10 (mais aussi 8 ou 25).

La théorie de la stérilité des fleurs décoratives et de la fertilité des fleurs non-décoratives (McClintock8, 1957) a été battue en brèche par une étude de plusieurs cultivars de Hydrangea macrophylla (Uemachi9, 2004). Aucune différence dans le développement des ovules n'a été observée entre les fleurs décoratives et non-décoratives. Et de même aucune différence dans la fertilité des pollens n'a été notée. Toutefois les fleurs non-décoratives sont pentamères et les décoratives sont tétramères.

Le fruit est une capsule, à déhiscence apicale. Les graines sont très petites (de 0.1 mm à 2 mm).

L'espèce d'origine japonaise Hydrangea macrophylla (Thunberg) Seringe est cultivée comme plante ornementale dans de nombreuses régions du monde.

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